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    Amenmeryt - Sumérien et akkadien en écriture cunéiforme

 signe du dieu pour vous guider

Sommaire


Rappel rapide de la chronologie de la Mésopotamie et des régions voisines

Un rappel très simplifié de la chronologie (à partir de la période historique) pour avoir le contexte en tête. Toutes les dates citées sont av. J.C.

Levant/AnatolieMésopotamieIran
Levant/AnatolieMésopotamieIran

Époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (4000-2800)
naissance des premières cités, de l'architecture monumentale, développement de la sculpture,
invention de l'écriture

Mosaïque Uruk
Mosaïque de cônes,
Uruk, 4e mil.
(Pergamon, Berlin)
Vase cultuel d'Uruk
Vase cultuel de la déesse
Inanna, Uruk, fin 4e mil.
(Pergamon, Berlin)

Cité de Suse : alternance culturelle entre
la civilisation mésopotamienne et la culture montagnarde.

Époque proto-élamite (3000-2800)

Tablette proto-élamite
Tablette proto-élamite
Suse (Musée du Louvre)

Civilisation cananéenne
Bronze Ancien

Villes fortifiées,
Égyptiens à Byblos
Cité d'Ebla

Dynasties archaïques (2800-2350)
DA I (2800-2700), DA II (2700-2600), DA III (2600-2350)
premiers textes historiques, rois mythiques (Gilgamesh), tombes royales d'Ur, statuettes d'orants dans les temples

Relief d'Ur-Nanshé
Relief d'Ur-Nanshé
Tello, DA III
(Musée du Louvre)
Statue d'Ebih-il
Statue de Ebih-il
intendant de Mari, DA III
(Musée du Louvre)
Bélier tombe Ur
Bélier dans un buisson
Tombe royale d'Ur, DA III
(British Museum, Londres)

Empire d'Akkad (ou Agadé) (2350-2200)
unification des cités en un empire
rois Sargon, Narâm-Sîn etc.
destruction par les Guti

Statue de Manishtusu
Statue du roi Manishtusu
(Musée du Louvre)
Stèle de Narâm-Sîn
Stèle de Narâm-Sîn
(Musée du Louvre)

Élam
Roi Puzur-Inshushinak (vers 2250)

Statue de la déesse Narundi
Statue de la déesse Narundi,
dédiée par Puzur-Inshushinak, Suse
(Musée du Louvre)

Époque néo-sumérienne (2200-2000)
Gudéa de Lagash (vers 2150),
3e dyn. d'Ur (roi Shulgi)

Statue du prince Gudéa
Statue du prince Gudéa,
Tello, vers 2150
(Musée du Louvre)
Dépôt de fondation de Shulgi
Dépôt de fondation de Shulgi
(Musée du Louvre)
Invasion amorite
Bronze moyen
Les Hyksos

Royaumes amorites (2000-1760)
Cités d'Isin, Larsa, Mari etc.

Maquette du palais de Mari
Maquette du palais de Mari
règne de Zimri-Lim, 18e s.
(Musée du Louvre)
Peinture du palais de Mari
Peinture du palais de Mari
(Musée du Louvre)
Stèle du dieu de l'orage
Stèle du dieu de l'orage
Ugarit, XVIIe-XVIe s.
(Musée du louvre)

Empire paléo-babylonien (1760-1594)
Roi Hammourabi (1792-1750)

Code de Hammourabi
Code de Hammourabi
vers 1760
(Musée du Louvre)
Orant de Larsa
Statuette d'orant dédiée
pour la vie de Hammourabi
(Musée du Louvre)
Ivoire Ugarit
Couvercle en ivoire
Ugarit, XIIIe s.
(Musée du louvre)

Bronze récent
Empire du Mitanni (1500-1370) au nord
puis empire hittite (1380-1200) en Anatolie

Moulage relief Yazilikaya
Moulage de relief de Yasilikaya
empire hittite, vers 1230
(Pergamon Berlin)

Babylonie : Les Kassites (1525-1200)
époque des "kudurru" (bornes de donation de terrain)

Façade du temple d'Inanna, Uruk
Façade du temple d'Inanna, Uruk
(Pergamon, Berlin)
Kudurru de Melishipak II
Kudurru de Melishipak II
avec symboles divins
(Musée du Louvre)

Au Nord :
Empire médio-assyrien (1365-1200)

Autel de Tukulti-Ninurta I
Autel de Tukulti-Ninurta I
(Pergamon, Berlin)

Royaume élamite (2000-1120)
Roi Untash-Napirisha (14e s.)
Roi Shutruk-Nahhunté vainqueur de la Babylonie (vers 1160)
(les Élamites emportent les stèles à Suse en butin de guerre, dont le Code d'Hammourabi)

Statue de la reine Napirasu
Statue de la reine Napirasu
épouse d'Untash-Napirisha
(Musée du Louvre)
Mur décoré de Suse
Façade d'un temple de Suse
bâti par Kutir-Nahhunté et
Shilhak-Inshushinak,
12e s. (Musée du Louvre)

Royaumes araméens, phéniciens, royaume d'Israël
Nouvelles écritures alphabétiques.

Le Levant tombe peu à peu sous la domination assyrienne

Lion gardien de Zincirli
Lion gardien de Zincirli
10e, 8e s.
(Pergamon, Berlin)
Stèle de Sigabbor
Stèle de Sigabbor
avec inscription araméenne
(Musée du louvre)
Sarcophage d'Eshmunazar
Sarcophage d'Eshmunazar
avec inscription phénicienne
(Musée du louvre)

Empire néo-assyrien (900-612)
Villes de Khorsabad, Ninive etc.
Rois Sargon II, Assurbanipal etc.

Génie et taureau ailé Khorsabad
Génie et taureau ailé de Khorsabad
règne de Sargon II, 8e s.
(Musée du Louvre)
Chasse au lion Assurbanipal
Chasse au lion
règne d'Assurbanipal, 7e s.
Ninive
(Pergamon, Berlin)

612 destruction de Ninive par
une coalition de Mèdes et Babyloniens

Époque néo-élamite

639 victoire des Assyriens, fin du royaume élamite

Empire néo-babylonien (626-539)

598 prise de Jerusalem par Nabucchodonosor II

Les Mèdes puis les Perses

Porte d'Ishtar
Porte d'Ishtar
Babylone
(Pergamon, Berlin)
Lion d'Ishtar
Lion d'Ishtar,
voie processionnelle de Babylone
(Pergamon, Berlin)

Empire perse (ou achéménide) (530-330)

539 prise de Babylone par Cyrus

331 prise de Suse par Alexandre

Chapiteau de Suse
Chapiteau du palais
de Darius à Suse
(Musée du Louvre)
Archers de Suse
Archers du palais
de Darius à Suse
(Musée du Louvre)

Les langues notées en écriture cunéiforme

L'écriture cunéiforme a été inventée par les Sumériens mais a servi ensuite à noter des langues très différentes :

L'akkadien en écriture cunéiforme est la langue diplomatique internationale au 2e millénaire (par ex. correspondance entre les Hittites et le roi égyptien Akhenaton : tablettes d'Amarna). Au premier millénaire, il est supplanté par l'araméen (langue sémitique de la branche Nord-Ouest, comme le phénicien et l'hébreu) en écriture alphabétique.

Détail d'une tablette d'Amarna
Détail d'une tablette d'Amarna
18e dyn. (Neues Museum, Berlin)
Détail d'une tablette d'Amarna
Détail d'une tablette d'Amarna
lettre du roi de Mitanni à Aménophis III au sujet d'un mariage royal,
lignes rajoutées en bas en égyptien (hiératique)
18e dyn. (British Museum, Londres)
Traité hittite
Détail du traité entre le roi Idrimi d'Alalakh et Pillia de Kizzuwatna
Alalakh (Turquie), vers 1480 (British Museum, Londres)
Correspondance Ugarit Hittites
Liste de cadeaux envoyés par
le roi d'Ugarit à la cour hittite
akkadien cunéiforme
Ugarit, bronze récent (Musée du Louvre)
Détail d'un bol avec inscription araméenne
Détail d'un bol avec inscription araméenne
2e s. (Pergamon Berlin)

On n'étudiera ici que le sumérien et l'akkadien.


Évolution de l'écriture cunéiforme mésopotamienne

Stylisation et direction de l'écriture

A l’origine, ce sont des dessins schématiques, par exemple une étoile, une tête, un poisson, des végétaux... Ces dessins vont se styliser jusqu'à devenir méconnaissables. L'écriture est d'abord verticale, en cases de droite à gauche.

exemples

Tablette archaïque
Tablette archaïque sumérienne
(Musée du Louvre)
Détail de l'inscription de la Stèle des vautours
Détail de l'inscription de la Stèle des vautours
DA III (Musée du Louvre)

Sur l'argile, il est plus facile d'écrire des traits droits que des courbes. Cela accentue la tendance à la stylisation. Les signes deviennent « cunéiformes » (en forme de clou), c’est-à-dire cette forme de triangle prolongé par un trait, qui est obtenue en enfonçant le bout du calame dans la tablette d’argile. Avec l’usage des tablettes, l’écriture verticale bascule d’un quart de tour et devient horizontale de gauche à droite.

exemples

Contrat princier époque d'Akkad
Contrat princier
concernant l'achat d'une esclave
époque d'Akkad
(Musée du Louvre)
Détail d'une inscription de Gudéa sur argile
Détail d'une inscription de
Gudéa sur argile
époque néo-sumérienne
(Musée du Louvre)
Catalogue de textes littéraires sumériens
Catalogue de textes littéraires sumériens
début 2e mil., Nippur
(Musée du Louvre)
Contrat an 35 Hammourabi
Contrat daté de
l'an 35 de Hammourabi
(Musée du Louvre)

Les inscriptions monumentales n'ayant pas les mêmes contraintes, elles sont plus conservatrices, autant dans la façon de tracer les signes que dans la direction de la lecture. La disposition verticale s'y maintient beaucoup plus longtemps. Elle devient horizontale à partir du milieu du 2e millénaire.

exemples d'écriture monumentale verticale

Détail de l'inscription de l'obélisque de Manishtusu
Détail de l'inscription
de l'obélisque de Manishtusu
époque d'Agadé
(Musée du Louvre)
Détail de l'inscription d'une statue de Gudéa
Détail de l'inscription
d'une statue de Gudéa
époque néo-sumérienne
(Musée du Louvre)
Détail de l'inscription d'une statue de Gudéa
Détail de l'inscription
du code d'Hammourabi
1e dyn. Babylone
(Musée du Louvre)

exemples d'écriture monumentale horizontale

Détail de l'inscription du kudurru de Melishipak II
Détail de l'inscription
du kudurru de Melishipak II
époque kassite
(Musée du Louvre)
Détail d'une stèle d'Asarhaddon
Détail d'une stèle d'Asarhaddon
époque néo-assyrienne, 7e s.(Pergamon, Berlin)
Détail de l'inscription de la Porte d'Ishtar
Détail de l'inscription de la Porte d'Ishtar
époque néo-babylonienne, 6e s.(Pergamon, Berlin)

Évolution des signes

Tablette de correspondance de signes
Détail d'une tablette listant des signes cunéiformes
avec leurs correspondances archaïques
Ninive (British Museum, Londres)

Selon les époques, les signes peuvent être très compliqués avec plein de petits traits supplémentaires ou au contraire plus simplifiés par la suite, notamment à l'époque néo-assyrienne où les signes sont comme aplatis avec peu de clous obliques. L'écriture néo-babylonienne est plus traditionnelle. Les inscriptions royales néo-babyloniennes peuvent même être archaïsantes.

Quelques exemples d'évolution de signes :

signesumérien archaïquepaléo-akkadiennéo-sumérienakkadien et babylonienassyrien
signesumérien archaïquepaléo-akkadiennéo-sumérienakkadien et babylonienassyrien
dingir
(étoile)

= dieu
Signe DINGIR
Tablette sumérienne archaïque
(Musée du Louvre)
Signe DINGIR
Inscription d'Eannatum
DA III (Pergamon, Berlin)
Signe DINGIR
Inscription paléoakkadienne
(Pergamon, Berlin)
Signe DINGIR
Inscription d'une statue de Gudéa
(Musée du Louvre)
Signe DINGIR
Inscription d'Hammourabi
(Musée du Louvre)
Signe DINGIR
Inscription de Nabucchodonosor
Babylone (Pergamon, Berlin)
Signe DINGIR
Inscription de Mushabshi-Assur
Assyrie, 14e s. (Pergamon, Berlin)
lu2
(homme debout stylisé)

= homme
Signe LU2 Signe LU2 Signe LU2
Détails de tablettes sumériennes archaïques
(Musée du Louvre)
Signe LU2
Inscription de l'obélisque de Manishtusu
(Musée du Louvre)
Signe LU2
Inscription d'une statue de Gudéa
(Musée du Louvre)
dumu
= enfant
Signe DUMU
Inscription d'Entemena
DA III, (Musée du Louvre)
Signe DUMU
Inscription de l'obélisque de Manishtusu
(Musée du Louvre)
Signe DUMU
Inscription paléoakkadienne
(Pergamon, Berlin)
Signe DUMU
Inscription d'une statue de Gudéa
(Musée du Louvre)
Signe DUMU
Code d'Hammourabi
(Musée du Louvre)
Signe DUMU
Inscription de Mushabshi-Assur
Assyrie, 14e s. (Pergamon, Berlin)
du
(pied)

= aller
Signe DU
Tablette sumérienne archaïque
(Musée du Louvre)
Signe DU
Inscription d'Entemena
DA III, (Musée du Louvre)
Signe DU
Inscription paléoakkadienne
(Pergamon, Berlin)
Signe DU
Inscription d'une statue de Gudéa
(Musée du Louvre)
Signe DU
Code d'Hammourabi
(Musée du Louvre)
Signe DU
Inscription d'Asarhaddon
roi Assyrie, vainqueur de Zincirli, 671 (Pergamon Berlin)

Transcription et prononciation

Le cunéiforme de Mésopotamie fonctionne par syllabe et les voyelles sont donc notées (contrairement aux hiéroglyphes) mais on ne peut pas être vraiment sûr de la prononciation, surtout pour le sumérien. Il y a beaucoup de signes correspondant au même son. On les numérote pour s'y retrouver. Le n°2 est généralement désigné par un accent aigu et le n° 3 par un accent grave.

Ex. du (= DU n° 1, prononcé "dou"), (= DU n° 2), (= DU n° 3, comme dans l'exemple de la 1e leçon de sumérien), du4 , du5 etc. On ne connaît pas les variations de prononciation entre tous ces "dou".

Comment sait-on à quelles syllabes correspond un signe ? Ces écritures ont été déchiffrées à partir de textes multilingues et en comparant avec des langues parentes (par ex. les langues sémitiques pour l'akkadien). On ne connaît pas de langue apparentée au sumérien et on s'est servi des outils d'apprentissage faits par les scribes akkadiens (listes de vocabulaire, grammaire).

Inscription bilingue Rimush
Copie d'une inscription votive bilingue
du roi Rimush (époque d'Akkad)
copie début 2e mil.(Musée du Louvre)
Inscription bilingue Ishtar
Détail d'un hymne à Ishtar en sumérien
avec traduction en akkadien
Ninive (British Museum, Londres)

signe du dieu pour vous guider

Commencer l'apprentissage du sumérien.

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Dernière mise à jour de la page le 13/01/16

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